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    MOREAU GILBERT

ISBN: 978-2-35930-009-3

Hôtel de la femme sans tête

by: MOREAU GILBERT

Elle n’avait jamais quitté le Finistère nord et ne connaissait du dehors que ce qu’en racontaient surtout les marins à travers leurs histoires où se mêlaient affabulations, légendes et vérités.
Elle n’était sortie de son village que pour aller à Brest. Et Brest c’était déjà le bout du monde. Après, à l’ouest, c’était la mer qui se présentait à elle comme un mur infranchissable.

L’est, quant à lui, incarnait l’abandon, l’exil absolu, c’était Paris, cette capitale de France où était déversée régulièrement une marchandise humaine en mal d’espoir.

Elle le savait, ça aussi elle l’avait lu quelque part. Plus loin encore, autant dire que c’était l’inconnu, la perte totale.

Marie-Jeanne n’avait nulle part où aller et avait l’intention d’aller nulle part.
A travers Marie-Jeanne, une prostituée du quartier des sept saints à Brest, Moreau revisite la fin d’un 19ème siècle qui trouverait facilement à se calquer dans ses rapports humains à ce 21ème en partance.

Mais le temps n’a aucune valeur à l’échelle de la lutte des classes. Et parce que celle-ci est aujourd’hui niée par effacement des repères, Moreau choisit de nous raconter la « déconstruction » d’une femme en fuite dans un lieu qui, lui aussi, devait être promis à l’oubli. Or les lieux et les gens forment un tout. On rase ainsi régulièrement les quartiers pauvres sous couvert d’insalubrité, on rase plus rarement les bastilles.

Mohammed De Ropesbierre (la Gazette des indésirables)

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1962
En bref Moreau Années 60 Naissance le 19 Prairial An CLXX (08/06/1962). Famille recomposée (deux demi-frères). Un milieu familial modeste vivant dans une seule pièce en banlieue parisienne. Une enfance cependant sans soucis faite à l’ombre de l’ORTF (grande époque des Rois Maudits, de Thierry la Fronde, des missions Apollo et des cow-boys tous plus solitaires les uns que les autres) Mai 1968 : première sensation d’appartenance à une classe sociale (on n’avait plus de chocolat, le fils du toubib en avait toujours) Années 70 Départ en province (peu importe le bled, « c’est vrai qu’ils sont plaisants tous ces petits villages….ils n’ont qu’un seul point faible et c’est d’être habités… par des gens qui regardent le reste avec mépris du haut de leur cloché » comme chantait Brassens) 1973 : premier roman important, Thérèse Raquin d’Emile Zola. Ce sont les années lycée (on ne parlera de collège unique qu’après 1975) avec un net désintérêt pour les enseignements dispensés au profit de la musique (de Léo Ferré à Franck Zappa en passant par les punks). C’est aussi les premières lectures politiques avec à 13 ans celle du manifeste du parti communiste. Elle en entraînera bien d’autres : le socialisme révolutionnaire entre dans cette caboche pour ne plus jamais en sortir. Merci aussi à Orwell. Années 80 Retour sur la capitale où pendant quelques années l’intéressé vit d’expédients, de livres et de bonne humeur malgré une dèche certaine. Ce sont les années où ses yeux pénètrent dans la cour des miracles de la littérature en compagnie des Joyce, Faulkner, Céline pour ne citer qu’eux. Années où les premières lignes se coulent dans le moule imparfait d’un style emprunté. Années entrecoupées d’événements divers (relations amoureuses épiques, exil en Irlande comme le grand Charles). Années 90 Reprise des études en revenant à elles par une capacité en droit (deux ans en cours du soir) pour les conclure sept ans plus tard dans un troisième cycle (en droit….pénal, spécialisation dans le droit des étrangers, allez savoir pourquoi ?…). C’est d’ailleurs en pleine rédaction de thèse qu’il a son premier mouflet en 1995. Naissance l’obligeant à s’interroger quant à la stabilité qu’exige, selon son entourage, la situation désormais « familiale ». Va donc alors pour l’éducation nationale, d’abord en qualité de gestionnaire d’établissement (ce qui le gonflera grave)… Années 2000 Changement en devenant professeur d’économie & droit (ce qui l’amuse beaucoup). Toutes ces années d’études et de concours sans jamais cesser de lire et d’être convaincu que la bourgeoisie étant la pire des inventions de l’homme, la vie ne vaut d’être vécue (sauf à en être) qu’en en combattant les valeurs. Combat qui se traduit déjà par un recueil de poèmes (mémoire des mots abandonnés), une pièce de théâtre (culpabilis spectator) et un roman (ça ira). Trois ouvrages parus aux éditions Les Points sur les i. C’est tout. Salut & fraternité
Livres de MOREAU GILBERT
À propos de ce livre
Details

ISBN: 978-2-35930-009-3
Éditeur: Les Points sur les i
Date de publication: 2010
Nombre de pages: 172

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